Chercheur·e du réseau


Faculté des sciences humaines
Ève-Lyne Comtois-Dinel
Étudiant.e de doctorat
Université du Québec à Montréal (UQÀM)
Faculté des sciences humaines
Département de sociologie
Intérêts de recherche
  • Science ouverte
  • Socio-économie de l’innovation numérique
  • Sociologie de la quantification
  • Mesures et indicateurs de performance
  • Théories sociologiques
Informations générales
Direction de recherche : 
Louis Jacob
Co-direction : 
Diane-Gabrielle Tremblay (TÉLUQ)
Principales réalisations
LA SOCIOLOGIE DE LA QUANTIFICATION DANS LA SOCIÉTÉ DE L'INNOVATION (thèse en cours)

Les outils quantitatifs en tant qu'instruments de coordination, ou, de gouvernement, semblent avoir fondé la capacité et la légitimité à gouverner, tant pour Nikolas Rose – pour qui « le chiffre fait partie intégrante des mécanismes qui confèrent de la légitimité à l’autorité politique » (Rose, 1991) – que, plus récemment, pour Alain Supiot (2015). L’un des énoncés les plus fréquemment repris en sociologie de la quantification tient dans l’expression de « gouvernement par les nombres », et dans l’expression foucaldienne que souligne ce retour du vocabulaire lié au gouvernement où le nombre devient le fondement d’une capacité à gouverner. La contribution d'Alain Desrosières à ce qu'il a appelé une « sociologie de la quantification » a permis aussi d'explorer comment quantifier consiste à mettre en chiffres quelque chose qui nécessite un processus d'interprétation (Desrosières, 2015). L'aspiration à une "evidence-based society" (Smith, 1996), sous l'effet de la montée du "risk management of everything" (Power, 1999, 2004) exige de s'appuyer sur l'information à partir de l'état actuel de la quantification pour identifier des priorités. Les indicateurs sont généralement proposés comme outils pour répondre à ce besoin, car ils offrent des récits pour simplifier des phénomènes complexes et tentent ainsi de les rendre compréhensibles (Espeland, 2015). Les quantifications sont de plus en plus sollicitées dans le domaine de la recherche et de l'innovation. Un problème majeur subsiste toutefois : comment concevoir des indicateurs face à leurs fondements souvent controversés, ainsi qu'à leur caractère situé ? Cette question est sans aucun doute d'une importance capitale pour déterminer les objectifs et les intérêts que servent les indicateurs alors que la quantification affecte de manière différente les catégories et les représentations du monde économique et social. La thèse se concentre sur la quantification du domaine de l'innovation ; la relation entre les chiffres produits et la manière dont ils sont utilisés ou « institutionnalisés » sous la forme d'indicateurs stables qui normalisent la pratique scientifique et les attentes économiques et politiques.